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ANALYSE. Aucun dossier n’a été oublié lors de cette visite officielle: sécurité au Sahel, projets économiques, signature d’accords et partenariats.

C ‘est sa première visite officielle en France depuis l’élection du président Emmanuel Macron. Le président togolais Faure GnassingbéÀ l’invitation de son homologue français, il a effectué une visite officielle de trois jours du 7 au 9 avril, axée sur le renforcement du partenariat bilatéral et de la coopération pour la sécurité et la stabilisation du Sahel. Sa dernière visite officielle à Paris remonte à 2013 sous la présidence de François Hollande. Depuis, Faure Gnassingbé a été réélu pour un 4 en 2020e Mandat à la tête du Togo. Un pays qu’il dirige depuis 2005. Le clou de cette visite reste le déjeuner à l’Elysée le 9 avril avec Emmanuel Macron. Le président togolais a profité de cette occasion pour réaffirmer «l’engagement total» de son pays à œuvrer pour le rétablissement de la sécurité au Sahel. « En ce qui concerne la situation régionale et les violences au Sahel, j’ai exprimé mon engagement total auprès du président Macron pour aider à rétablir la paix et la sécurité dans toute la sous-région, et j’ai particulièrement rappelé la présence de 1 100 militaires togolais à la Minusma », a déclaré le président. Mission des Nations Unies au Mali, a déclaré Faure Gnassingbé après une déclaration de la présidence togolaise. De son côté, la France déploie une force antiterroriste de plus de 5 000 hommes dans la région, la fameuse force Barkhane.

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La sécurité au Sahel

Outre son importante contribution à la Minusma, le Togo n’épargne aucun effort dans ses efforts diplomatiques en faveur de la transition malienne. A Lomé est le 2èmee Réunion du Groupe de Suivi et d’Appui à la Transition au Mali et feuille de route pour les élections. Le pays est particulièrement actif dans la lutte pour la sécurité dans la zone sahélienne, est également membre du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine et participe à l’Initiative d’Accra *.

Chez lui, le Togo a mesuré le risque terroriste. C’est pourquoi il préfère prévenir et anticiper. «De grands efforts sont nécessaires pour fournir à la population des services de base et éviter la vulnérabilité des jeunes, notamment vis-à-vis des extrémistes djihadistes», a déclaré un ami proche du président togolais. Un comité interministériel de prévention et de lutte contre l’extrémisme violent (CIPLEV), mis en place en 2019, a donc été divisé en comités locaux. Ces comités locaux réunissent les chefs traditionnels, les maires, les autorités locales et la société civile pour anticiper les difficultés, notamment dans les zones vulnérables, et mieux cerner les besoins des populations locales, notamment pour l’accès aux services de base.

L’objectif de cette visite en France était donc de renforcer les relations et la coopération entre les deux pays en matière de sécurité au Sahel et de lutte contre le djihadisme. La lutte contre l’extrémisme et la violence comprenant également l’accès aux services de base, il semble également y avoir un renforcement de la coopération bilatérale, notamment dans le domaine des infrastructures (eau, électricité).

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Coopération économique

Une vingtaine de rencontres ont été organisées à l’occasion de cette visite officielle. «Les discussions ont porté sur les projets emblématiques du Togo tels que l’énergie, l’extension du réseau électrique, mais aussi la numérisation et l’agriculture à fort potentiel», explique Gilbert Bawara, ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme administrative. Le président togolais a rencontré plusieurs dirigeants de groupes français dans les domaines de l’énergie (Vinci Énergie), de l’eau, du numérique et des infrastructures (Sogea Satom). Il a reçu des représentants du Conseil français des investisseurs en Afrique (CIAN) et du président de la Banque publique d’investissement (BPI), Nicolas Dufourcq. Dans le même temps, une délégation conduite par le ministre togolais des Affaires économiques et des Finances, Sani Yaya, a été reçue au Mouvement des entreprises de France (Medef) par son vice-président Fabrice Le Saché et par Momar Nguer, président de l’Afrique Comité de l’organisation patronale française. Enfin, le chef de l’Etat togolais a également été reçu au Sénat par Gérard Larcher, président de la Chambre des lords, et a rencontré le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian.

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accord

Deux accords ont été conclus dans le secteur de l’énergie. Le premier, en cours de finalisation, concerne l’utilisation des lampadaires solaires par Sunna Design. Le deuxième accord finance l’extension et le renforcement du réseau électrique des centres urbains avec un accord de prêt de 40 millions d’euros avec l’Agence française de développement (AFD) et deux subventions de 15 millions d’euros chacune, une de la KfW et une de l’Union européenne attendue à signer prochainement.

Ce financement vise à électrifier 53 centres urbains au Togo dans le cadre du projet PERECUT. Ce projet, en phase de levée de fonds, vise à favoriser l’accès à l’électricité pour plus de 100 000 foyers ou plus de 500 000 personnes. «Au Togo, la lutte contre la précarité énergétique est un levier de développement prioritaire pour le gouvernement, que le Groupe AFD soutient fièrement au service de la population et des acteurs économiques. Le projet PERECUT a été conçu dans le cadre d’un effort européen cofinancé par l’Union européenne et la KfW et contribuera à réduire les déséquilibres territoriaux en étendant et en promouvant simultanément le réseau électrique à plus de 50 centres urbains, en particulier dans le nord du pays moins émettant des vecteurs d’énergie.

Cette double vocation environnementale et sociale est un témoignage très concret des engagements de l’AFD pour «100% lien social» et «100% Accord de Paris» », explique-t-il. Rémy Rioux, Directeur général de l’AFD. Alimenter les centres urbains réduira l’utilisation de générateurs par les opérateurs économiques et remplacera l’utilisation des lampes à pétrole dans les ménages, réduisant ainsi les émissions de CO.2. Il s’agit du deuxième projet de cofinancement européen (AFD / KfW / UE) dans le secteur de l’électricité au Togo après le projet PEREL, projet d’extension du réseau électrique de Lomé actuellement en fonctionnement.

Enfin, une convention de partenariat a été signée avec Expertise France sur la mise en œuvre du programme «Talents partagés», qui vise à mobiliser les compétences de la diaspora pour l’accompagnement des métiers du numérique.

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Bons résultats économiques

D’un point de vue économique, une bonne résilience face au choc de la pandémie de Covid a permis au pays de croître de 1,8% en 2020, qui devrait s’accélérer en 2021. Au cours des deux dernières années, les réformes de ces engagements se sont accélérées, permettant au pays d’atteindre 59 places dans le classement Doing Business de la Banque mondiale, faisant du Togo l’un des principaux réformateurs du continent. Le Togo est fortement engagé dans la numérisation et la transformation numérique et s’est fixé comme objectif de dématérialiser 75% des processus d’ici 2025. Inspiré du modèle rwandais Le Togo se projette comme centre d’innovation numérique. Parmi les succès du pays, le programme Novissi soutenu par l’AFD a permis de venir en aide aux plus vulnérables lors de la crise de Covid. Les bénéficiaires ont pu recevoir des revenus de compensation grâce aux transferts d’argent mobile.

Sinon, le Togo est en pourparlers avec le Fonds monétaire international et la Banque mondiale pour mobiliser de nouvelles ressources financières pour soutenir la stratégie nationale de développement énoncée dans la «Feuille de route du gouvernement du Togo 2025» adoptée en octobre 2020.

Contradictions

Tout cela pourrait faire penser que dans le meilleur de tous les mondes possibles, tout va bien. Ce n’est pas l’avis de certains représentants de la société civile togolaise qui contestent la réélection de Faure Gnassingbé en mars 2020 pour un quatrième mandat après l’amendement de la constitution. Dans ses yeux En participant à la lutte contre le terrorisme, le Togo, comme le Tchad, n’achète qu’une paix diplomatique. Pour rappel, le président Faure Gnassingbé, qui dirige le pays depuis 2005, a succédé à son père Gnassingbé Eyadéma, qui a lui-même dirigé le pays d’une main de fer pendant 38 ans.

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