Un petit matin il y a trois ans, des dizaines de membres des forces de sécurité ont fait une descente au domicile du militant burundais des droits humains Germain Rukuki dans la capitale, Bujumbura. Germain et sa femme, alors enceinte de leur troisième enfant, ont été interrogés pendant des heures sur la nature de leur travail avant que les forces de sécurité ne conduisent Germain au Service national de renseignement (SNR).

Germain purge actuellement une peine scandaleuse de 32 ans de prison juste pour avoir défendu les droits humains. Il est temps de mettre fin à cette injustice et de le libérer.

Germain purge actuellement une peine scandaleuse de 32 ans de prison juste pour avoir défendu les droits humains. Maintenant que le Burundi a un nouveau gouvernement qui a promis une nouvelle aube, il est temps de mettre fin à cette injustice et de le libérer.

Avant l’arrestation de Germain, des organisations de la société civile, y compris son employeur d’alors – Chrétiens contre la torture (ACAT) – Burundi – ont organisé des manifestations de masse contre la décision de feu le président Pierre Nkurunziza de briguer un troisième mandat, qui était largement considérée comme inconstitutionnelle. Les manifestations ont été dispersées de force par les forces de sécurité et la jeunesse de plus en plus militarisée du parti au pouvoir, les Imbonerakure.

En effet, depuis lors, le gouvernement de Nkurunziza a systématiquement ciblé les votes dissidents réels ou supposés, y compris les défenseurs des droits humains, dont beaucoup ont été contraints de fuir le pays.

Le processus qui a conduit à la croyance de Germain était loin d’être juste. Il a été interrogé au bureau du SNR sans ses avocats pendant près de deux semaines.

Le processus qui a conduit à la croyance de Germain était loin d’être juste. Il a été interrogé au bureau du SNR, où beaucoup d’entre eux n’ont plus jamais été entendus. Le bureau du SNR est connu pour ses tortures et ses meurtres. Germain était là sans ses avocats pendant près de deux semaines avant d’être transféré à la prison surpeuplée de Ngozi, dans le nord du pays.

Accusé

Lorsque les charges retenues contre lui ont été publiées en août 2017, elles contenaient «Menace à la sécurité de l’État» et «Rébellion» pour une coopération antérieure avec l’ACAT-Burundi. (L’ACAT-Burundi, ainsi que plusieurs autres organisations de la société civile, a été désenregistrée par les autorités burundaises en octobre 2016 pour «ternissement de l’image du pays» et «semer la haine et la division parmi le peuple burundais».)

Comme si les chefs d’accusation ci-dessus étaient insuffisants, les procureurs ont ajouté des accusations de «meurtre», de «démolition de bâtiments publics et privés» et de «participation à un mouvement insurrectionnel» le premier jour du procès de Germain. Les procureurs ont fait valoir que Germain faisait partie de «l’insurrection de 2015» – faisant référence aux manifestations de masse contre le troisième mandat du défunt président.

Lorsque les accusations portées contre lui ont été publiées, elles incluaient «Menace à la sécurité de l’État» et «Rébellion» pour avoir travaillé auparavant avec l’Association des chrétiens contre la torture (ACAT) – Burundi. Les procureurs ont ajouté des accusations de «meurtre», de «démolition de bâtiments publics et privés» et de «participation à une insurrection» le premier jour de son procès.

Dans son verdict du 26 avril 2018, Germain a acquitté les accusations de «meurtre» et de «démolition de bâtiments publics et privés», mais l’a condamné à une peine de 32 ans de prison pour les trois autres chefs d’accusation. Il a été condamné à l’occasion du troisième anniversaire du début de la manifestation en 2015 – une coïncidence que beaucoup ont trouvée terrifiante.

Lorsque le nouveau gouvernement burundais se mettra au travail, les Burundais espèrent qu’ils tourneront le dos aux années d’oppression qui ont marqué le mandat du président Nkurunziza et inaugureront une nouvelle ère de respect des droits de l’homme. Le nouveau gouvernement doit marquer cette nouvelle ère par une action rapide pour rouvrir l’espace civil du pays. Les autorités doivent veiller à ce que le peuple burundais jouisse à nouveau pleinement de ses droits humains. La libération de Germain Rukuki, dont la seule erreur était de défendre et de défendre les droits de l’homme, serait un pas clair dans la bonne direction et un signe encourageant de changement.

Le plus jeune enfant de Germain – maintenant âgé de trois ans – est cruellement dépouillé de son père et ne le connaît que par des photos. L’impératif juridique et moral du cas de Germain exige sa libération immédiate et inconditionnelle, y compris l’annulation de sa condamnation et de sa condamnation.

Le président Evariste Ndayishimiye s’est engagé à défendre les droits de l’homme et à ouvrir l’espace civil au Burundi, et il est maintenant temps d’agir. Libérer Germain serait un début fantastique.

Cet article a été publié pour la première fois dans Jeune Afrique Rapport Afrique



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