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Un tribunal de Paris a déclaré lundi trois anciens responsables du gouvernement et trois autres coupables de revers commis signés en 1994 dans des ventes d’armes au Pakistan et à l’Arabie saoudite se chiffrant par millions. Le scandale Karachigate a éclipsé les administrations de plusieurs présidents français Jacques Chirac devant Nicolas Sarkozy.

La dite Karachigate Scandale (l’affaire Karachi en français) a mis en cause l’ancien Premier ministre Edouard Balladur, qui sera jugé dans les mois à venir pour avoir financé sa candidature présidentielle ratée en 1995 suite aux revers des ventes d’armes.

Balladur a affirmé que l’argent, y compris des dépôts d’environ 20 millions de francs suisses (3 millions d’euros), provenait de la vente de t-shirts de campagne et d’autres marchandises, ainsi que de cadeaux de membres du parti. Le conservateur Balladur a perdu sa campagne contre le rival de centre-droit Jacques Chirac.

Parmi les personnes arrêtées lundi, mentionnons Nicolas Bazire, ancien directeur de campagne de Balladur; Renaud Donnedieu de Vabres, ancien conseiller de son ministre de la Défense François Léotard; et Thierry Gaubert, ancien assistant du ministre des Finances de l’époque Nicolas Sarkozy.

Bazire et Donnedieu de Vabres ont été condamnés à trois ans de prison. Le tribunal a déclaré que Bazire savait « exactement » que 10,25 millions de francs suisses (près de 1,6 million d’euros) avaient atterri dans les comptes de campagne de Balladur à partir de sources douteuses.

Gaubert a été condamné à deux ans de prison, tout comme Dominique Castellan, ancien chef de la division internationale de la compagnie navale française de défense DCN (rebaptisée depuis lors Naval Group).


Karachigate est un accord d’armement sombre qui remonte à des négociations entre le Pakistan et la France sur la vente de sous-marins français de classe Agosta 90B. En 1994, un contrat a finalement été signé entre les gouvernements de l’ancien Premier ministre pakistanais Benazir Bhutto et du président français François Mitterrand.

L’ancien Premier ministre français Dominique de Villepin, qui était chef de cabinet du palais présidentiel de l’Elysée pendant le premier mandat de Chirac, a déclaré à l’enquête que les paiements avaient été annulés en raison de soupçons de revers illégaux.

En 2002, un attentat à la bombe dans la ville portuaire pakistanaise de Karachi a tué 15 personnes, dont 11 ingénieurs français. Initialement accusé d’al-Qaïda, il y a maintenant des soupçons que l’attentat à la voiture piégée était un acte de vengeance après que Chirac eut ordonné la suspension des paiements.

Le scandale ferait de l’ombre à la présidence du successeur de Chirac Nicolas Sarkozy. Les enquêteurs enquêtent sur les allégations de revers depuis 2008.

Au cours de sa présidence, Sarkozy a démenti à plusieurs reprises les informations selon lesquelles il était le directeur de la campagne présidentielle de Balladur en 1995, dénonçant ces allégations comme « diffamation et manipulation politique mineure ». Mais l’arrestation de 2011 de Gaubert et Bazire, deux anciens collaborateurs proches, ont fourni un flux constant de titres négatifs pour l’ancien leader de centre-droit.

(FRANCE 24 avec AFP)



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