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Bernard Charbonneau

Chroniques du Wasteland, 5
((La bouche ouverte N ° 7, mai 1973)

Une gorge dévorante

C’est celle de notre société industrielle néo-capitaliste, néo-socialiste, néo-et-caetera qui dévore tout. C’est un visage de monstre avec une mâchoire de fer, avec des incisives qui coupent, des canines qui poignardent et se déchirent, des molaires qui écrasent et écrasent. Elle avale tout, des conifères, des rivières et des rochers, ce qui la transforme en lave grise pleine de débris, une sorte de bol alimentaire qu’elle avale avec le hoquet: et Presto! choquer! Fermes, bosquets, golf, cap, glacier, etc. Tout ce qui écrase, pétrit et vacille çà et là disparaît dans un abîme sans fond appelé cycle économique, et émerge sous forme de produits moulés en plastique. Le monstre mange, pète, rots et chie et disperse la terre de sa merde mieux qu’une centaine de vaches dans un pré.

C’est un monstre, plus lourd, plus blindé qu’un Atlantosaurus, plein de cornes qu’un Triceratops, avec d’énormes membres et un minuscule cerveau qui ne peut accueillir qu’une seule idée: manger, profiter, prendre du poids. Jusqu’au jour où, après avoir tout dévoré, il mourra de faim sur ses excréments. Parce que s’il n’a qu’une idée, il l’a. Détruire pour produire est l’idée fixe qui ne lâchera pas. Il n’oublie rien de façon obsessionnelle, ni la montagne ni les miettes. Il suit son plan attiré par la règle; et si nécessaire, il tirera sa ligne vers le cœur avec un couteau dans la chair. Il cherche à l’infini, il renifle, il scrute méthodiquement l’espace-temps pour saisir son dernier morceau de viande. Son appétit est absolu malgré sa petite planète. Et plus il mange, plus il produit, dit-il, plus ses dents poussent et son appétit augmente de façon exponentielle, n’oublions jamais cela. Rien qu’en janvier 1973, les dents du petit tricératops gaulois ont augmenté de plus de 2,1%. C’est un monstre, un pauvre monstre. Plus il grossit, plus il devient bête et fragile de se multiplier et de compliquer un système nerveux qui, un beau jour, peut céder la place au moindre choc.

Et cet appétit est inspiré par la consommation d’amour. Le monstre vous veut bien, c’est la raison, la vertu: votre entreprise. Il est heureux que vous construisiez demain qu’il démolit aujourd’hui. Et demain, parce qu’il veut construire plus après-demain, encore plus seront démolis. En attendant il engloutit, vomit et pue, il erre dans cet éternel désert: un chantier de construction. Il travaille pour vous. Il veut votre bien-être parce qu’il a appris et que vous ne savez rien. Si nécessaire, attendez la fin du temps. Tout comme son appétit, cet Eden qu’il vous prépare est absolu. Petits salauds! N’allez-vous pas refuser son amour de toute façon? Elle fabrique pour vous toutes ces petites voitures qui vous paralysent. continuer la lecture



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