Le vieil adage «Si vous voulez la paix, préparez-vous à la guerre» ne pourrait pas être plus pertinent pour les troupes de Justin Trudeau. Le premier ministre, qui navigue dans les pièges d’une chambre basse minoritaire depuis plus d’un an, entend profiter de l’unilatéralisme partisan causé par la pandémie pour – comme certains de ses homologues provinciaux – former un gouvernement majoritaire qui lui donnerait plus de marge de manœuvre pour en gérer un pour diriger le Canada après la pandémie.

Offensives libérales

La recette libérale s’avère très simple sur le papier. Dès le départ, le parti n’a pas l’intention d’ignorer le bloc québécois (BQ) comme il l’a fait en 2019. Cette stratégie d’évitement, qui leur a probablement coûté une majorité parlementaire, reposait sur un calcul électoral élémentaire: en quittant le bloc et la controverse conservatrice, les libéraux pensaient utiliser le partage des voix pour remporter des sièges cruciaux. Ils n’avaient pas prévu que le bloc ferait une campagne forte comme il l’a fait.

Lors du congrès libéral d’avril 2021, Justin Trudeau a fait un argument plus familier dans son parti: les Québécois sont mieux lotis au gouvernement que dans l’opposition. Au milieu d’une pandémie, cette idée a du poids. «Alors que le bloc prétend être le seul parti à pouvoir parler au nom des Québécois, nous livrons la marchandise aux Québécois», a ajouté Trudeau. Ce discours, que nous entendrons probablement abondamment dans les mois à venir, fait écho à l’appel des libéraux aux Québécois: rendez votre voix utile. Il est clair que le Premier ministre sera moins tolérant envers le chef de bloc, qu’il a déjà qualifié de vecteur.  » Intolérance et haine Et à qui il a critiqué plus tôt cette année pour ne pas avoir reconnu le racisme systémique.

La machine libérale veut aussi profiter de l’Ontario et de l’impopularité de son premier ministre Doug Ford. Depuis quelque temps déjà, le chef conservateur est la cible de tirs de tous côtés et ses adversaires l’accusent d’improviser une réponse à la crise sanitaire. Sa gestion de la pandémie désapprouvée par 65% L’Ontarien est une occasion en or pour le Parti libéral du Canada (PLC) de pourvoir des sièges dans cette province, d’autant plus que les sondeurs trouvent une position de force soutien croissant au Parti libéral de l’Ontariomais presque effacé de la carte en 2018 lorsque Ford a été élu.

Après tout, le PLC a l’intention de jouer dans le tribunal du Nouveau Parti démocratique (NPD) en se battant à gauche de l’échiquier politique pour rendre la formation du NPD presque obsolète. Cette stratégie repose sur un constat: à mesure que la faveur des néo-démocrates augmente, la popularité des libéraux diminue et le champ reste ouvert au bloc et aux conservateurs. Les militants pratiquement réunis au congrès libéral ont donc voté pour inclure la création d’un revenu minimum universel et le remplacement du chemin de fer national par un réseau à grande vitesse dans la plate-forme électorale de leur parti. Ils notent également que les seniors âgés de 70 ans – au lieu de 75 ans – devraient avoir accès à une bonification de 10% de la prévoyance retraite (cette mesure devrait être appliquée en 2022). Si ces propositions ne lient pas le parti, elles suggèrent un éventuel virage à gauche, face à l’Ontario, mais aussi à la Colombie-Britannique, où le soutien au NPD est solide et renforcé par sa popularité. Le premier ministre néo-démocrate provincial.

Luttes conservatrices

Erin O’Toole est en concurrence avec les dirigeants d’autres partis, mais aussi contre leur base électorale et contre un caucus déchiré par l’héritage socialement conservateur de leurs prédécesseurs. En effet, depuis son couronnement à la tête du parti en août 2020, O’Toole a lutté à plusieurs reprises avec le côté plus conservateur de son éducation sur des questions qui divisent comme l’avortement et le changement climatique. Le sien plan environnemental actuel est une tentative audacieuse de dissimuler le fait que les militants du parti réunis au Congrès en mars 2021 ont refusé de reconnaître l’existence du changement climatique. Le plan d’Erin O’Toole suggère donc une trêve politique sur la question environnementale au moment même où la Cour suprême vient de confirmer la constitutionnalité de la taxe carbone.

N’oubliez pas non plus que la députée de la Saskatchewan Cathay Wagantall a également semé la discorde au sein du parti lorsqu’elle a présenté un projet de loi interdisant l’avortement sélectif selon le sexe. Le chef conservateur a été contraint de prendre position et a annoncé qu’il voterait contre ce projet de loi tout en permettant un vote de conscience pour son caucus.

O’Toole doit ignorer ces désaccords internes et prendre ses positions plus progressistes auprès de l’électorat. Il y a fort à parier que le Parti conservateur de l’Ontario et de l’Alberta, où le premier ministre Kenney a la pire cote d’approbation du pays, souhaite une normalisation – 23% – sur la gestion de la pandémie. Une situation catastrophique pour les conservateurs de l’Alberta qui, jusqu’à récemment, avaient le vent en poupe dans cette province.

Puisqu’il s’agira de sa première campagne en tant que chef conservateur, O’Toole devra également se faire connaître et montrer comment il peut proposer une alternative sérieuse à Justin Trudeau sans se heurter à l’opposition. Constant envers le Premier ministre. Dans cet esprit, il a réitéré en mars de l’année dernière que le parti  » ne pouvait pas gagner s’il continuait à se fier à l’erreur de Justin Trudeau », Dans un plaidoyer pour le changement de son éducation.

Feux rouges en orange

Une fois dans l’opposition officielle et une force politique majeure au Québec, le Nouveau Parti démocratique d’aujourd’hui se bat. Sous Jagmeet Singh, il n’a jamais su séduire les électeurs de la Belle Province – seul Alexandre Boulerice y était élu – et évidemment la tendance ne va pas s’inverser de sitôt.

Passez le spectacle tout le monde en parle Le 28 mars 2021, le chef du NPD a laissé plus d’un perplexe devant les remarques controversées du professeur Amir Attaran. N’oubliez pas d’être membre de la formation avait félicité le professeur pour son tweet appelé Québec Nord de l’Alabama. De plus, le NPD opposé les efforts du bloc pour préparer une seule déclaration de revenus du Québec, une demande qui tient à cœur au premier ministre François Legault.

Signe supplémentaire que le NPD tourne le dos au Québec lors de son congrès national en avril 2021, militants pour avoir a déposé une requête rejetant officiellement la loi sur la laïcité de l’État. Ceci est conforme à l’opposition personnelle du chef du NPD à cette loi québécoise et a l’avantage de lever les doutes sur la position du parti, notamment: quelque chose a critiqué le double discours qui a eu lieu lors des débats en français et en anglais des dernières élections. Pourtant, il semble que la formation de Jagmeet Singh aura du mal sans Québec.

Au niveau national également, la situation du NPD n’est pas enviable. Jagmeet Singh ne peut pas franchir le cap des 20% d’intentions électorales et doit montrer en quoi son parti diffère de celui de Justin Trudeau, qui semble le dépasser à gauche. Dans cet esprit, le chef du NPD complètement chargé contre son adversaire libéral, qui l’accuse de ne travailler que pour l’élite et laisse derrière lui les moins fortunés. Il a salué les exploits de son parti dans l’amélioration du PCU. La convention nationale du NPD permet de dresser un portrait des enjeux les plus importants pour ce parti: l’assurance médicaments, le salaire minimum de 20 USD, le soutien supplémentaire aux citoyens, etc.

Course à la pertinence

Yves-François Blanchet entend reproduire les exploits de sa dernière campagne électorale, au cours de laquelle il a triplé le nombre de membres du Bloc québécois, notamment en abordant la question de l’autonomie du Québec. Cependant, le prochain mandat sera l’un des plus difficiles; avec vaccination accélérée et un renouveau de la terre qui s’annonce colossale, Blanchet doit montrer à quel point un vote est important pour le bloc. Le discours autonome, qui lui souriait il y a moins de deux ans, a depuis été monopolisé par la CAQ par François Legault, qui a été drastique à plusieurs reprises avec son homologue fédéral, notamment pendant la pandémie. Cette position exigeante au succès mitigé remet alors en cause la validité du ton analogique adopté par le chef de bloc. L’équilibre proposé par le bloc était intéressant pendant les années libérales au Québec, mais il pourrait être dépassé avec un premier ministre assumant le rôle de chien de garde des valeurs québécoises au sein du gouvernement fédéral.

Il est certain que la prescription de 2019 sera réutilisée dans une future valse électorale, incluant notamment les enjeux de la réforme de la loi sur les langues officielles, les coupures à l’Université Laurentienne en Ontario, et la protection du français en général, en plus d’appeler à un renvoi inconditionnel des assureurs maladie. Cependant, Blanchet doit faire attention à ne pas critiquer la campagne de vaccination, car cette stratégie a eu peu d’effet lorsque Doug Ford et Erin O’Toole l’ont utilisée.

Si la campagne de vaccination se poursuit sans pièges, il est presque certain que les libéraux de Justin Trudeau organiseront des élections cet automne pour faire face à la vague d’opinion publique en faveur de ces efforts de vaccination sans précédent. Même si le coup d’envoi n’a pas encore été donné, les parties testent l’eau et mobilisent leurs forces armées. S’efforçant de trouver la majorité de la paix, Justin Trudeau se prépare à toute une guerre.



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