Le Cristal, fabriqué en France depuis 70 ans, a contribué au succès du leader mondial des stylos à bille.





© Philippe Petit


Même corps transparent hexagonal pour ne pas rouler sur des bureaux inclinés, même capuchon opaque, même boule métallique. Le premier Cristal développé en 1950 à Clichy à partir de Baron Bich et celles d’aujourd’hui sont presque identiques. Seulement en apparence, car le poids du corps en plastique a été réduit de 4,4 à 3,1 grammes. Pour des raisons de sécurité, le bouchon a un petit trou depuis trente ans. Le corps a également été perforé pour créer un courant d’air qui facilite l’écoulement de l’encre. La composition de la couleur bleue a changé, un détail grâce auquel le geste de frotter le crayon saisi sur la semelle d’une chaussure est moins courant. Les cartouches sont devenues rechargeables. Thomas Brette, Directeur Innovation du Groupe Bic, explique: «Nous sommes dans la 25ème version et continuons par exemple à travailler sur l’utilisation de matériaux recyclés. Il est facile de développer un nouveau stylo qui est produit en moins de quantités et toujours avec la même qualité. « 

A cette période de l’année, l’usine de Montévrain en Seine-et-Marne est en plein essor. Les quelque 200 employés se relaient à tour de rôle, y compris les fins de semaine, pour se préparer à la prochaine année scolaire. De ce site industriel construit à deux pas d’Eurodisney, l’un des 25 implantations du Groupe français dans le monde, 3 millions de stylos sortent chaque jour, principalement des cristaux et des stylos quadrichromie. Au fil des ans, Bic a repensé la façon dont il fabrique ses classiques de la papeterie. Benoît Bemer, directeur d’usine, confirme: «L’enjeu industriel est de développer des innovations sans que cela ne devienne visible. Tout commence par fabriquer les billes en pastilles de carbure de tungstène qui ont été polies pour ne pas endommager la plume lors de l’écriture, tout en restant suffisamment rugueuses pour amener l’encre sur la feuille. La qualité des pointes et leur capacité à tenir les 3 kilomètres d’écriture promis sont vérifiées dans le laboratoire de contrôle de leur atelier de production. Là, une machine trace des milliers de cercles sur de longues bandes de papier, la moindre irrégularité est le signe d’un défaut. Un seul stylo peut être soumis à jusqu’à 70 tests. Cela comprend, par exemple, la vérification du niveau d’encre dans la cartouche à l’aide de capteurs visuels pour retirer les pièces défectueuses de la ligne.

De là, 3 millions de stylos sortent chaque jour, principalement des cristaux et quatre couleurs

«L’enjeu est d’assurer un très haut niveau de précision, comparable au niveau requis pour l’horlogerie, et en même temps de produire de très grandes quantités», ajoute Benoît Bemer. Nous gardons notre avantage concurrentiel en gardant secrets nos processus industriels. En trois ans, le taux à Montévrain s’est amélioré de 10%, notamment parce que le processus de production est maîtrisé de bout en bout. Hormis la matière première, aucun composant n’est acheté auprès de sous-traitants. La grande majorité des machines, moules et divers outils sont développés par les ingénieurs et techniciens de Bic. Lors de la première livraison, elle a transformé en trois semaines un sac de stylos en machine de fabrication de masques, dont les 11 000 collaborateurs du groupe, dont 1 400 en France, sont équipés.

Si plus de 19 millions de produits de papeterie Bic sont vendus chaque jour dans le monde, la crise sanitaire n’a pas épargné ce secteur. Seuls les produits de couleur se sont vendus plus. Le confinement, l’apprentissage à distance et les fermetures de magasins ont réduit les ventes mondiales de papeterie n ° 2 de 774,4 millions d’euros à 575,6 millions d’euros en 2020. Cette activité représente désormais 35% des ventes mondiales du groupe, devant les rasoirs (25%). Mais derrière les briquets (38% dont la moitié de la production mondiale du groupe est réalisée en Bretagne, Redon (environ 700 millions par an) et Guidel. «On parvient à maintenir la production française sans la sécurité ou le François Clément-Grandcourt nous assure. Malheureusement, il y a quelques années, nous avons abandonné l’ouverture d’une unité de production de pierres plus légères en France en raison de délais d’agrément officiels trop longs afin d’ouvrir une unité de production de pierres plus légères. « 

La société cotée, dont 45% du capital est toujours détenu par la famille Bich, attendait le premier semestre dans un «environnement incertain et volatil» lorsqu’elle a annoncé ses résultats en février dernier. Pas assez pour saper sa confiance: elle a prédit que 2021 se développerait.



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